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L'Europe connaît une dérive grave sur le plan démocratique

 

He seleccionado un par de preguntas y respuestas, en las que parece quedar a la vista la grave situación en que se encuentra la política en Europa, entendida como democracia. Y el papel que la comunicación pública juega en esta decadencia política.

 

Ni una ni otra son ya lo que se supone aún que deben o pueden todavía ser, entendidas como formas y aspectos de la vida en común cívica, en busca del bien común…

 

Quizá, en un contexto cínico como el que en buena parte vivimos, lo escrito suena a falta de realismo práctico. Aunque, en realidad, para ser precisos habría que decir pragmatismo puro y duro: lo que está en juego es más bien el poder puro y duro: hay que conseguirlo para luego demostrar que se tiene. Punto. Si -ya de paso- se presta un poco de atención colateral al bien común, será un logro.

 

 [Esto puede permitir seguir hablando acerca de lo dialogado con Eduardo en la anotación anterior:

Sobre el asunto concreto que aquí nos trae ( fíjate lo que puse antes de Carrascal: http://e-scriptor.com/jose-maria-carrascal-no-meterse-en-honduras ), lo que a fin de cuentas me produce una inquietud tremenda es algo que -dicho sea con palabras de Ana Marta González, una colega de Navarra a la que estoy casualmente leyendo y citando en este momento en un "paper"- puede resumirse así:

 

"La transformación de la sabiduría política clásica en la ciencia política moderna puede resumirse en la célebre frase de Henri de Saint-Simon (1760-1825): "desde ahora la política ha dejado de ser el gobierno de los hombres para convertirse en la administración de las cosas". A su vez, la transformación de la visión moderna del gobierno en la postmoderna puede describirse como la transición de un gobierno centrado en la administración de las cosas a uno articulado en torno a la "imagen" de las cosas".

 

Ya no es sólo que la política haya dejado de lado a las personas en cuanto tales, cosificándolas y reduciéndolas a votantes, consumidores de cosas o productos votables (eso eran los políticos antes de quedarse ahora en mera "imagen") o números estadísticos... para llegar ahora -con Baudrillard o sin él- a quedarse en la desnuda "imagen" estrictamente fabricada para el consumo: la "imagen" que los ciudadanos pueden tener de los políticos (ya casi una simple variante de los "famosos" en la comunicación), con independencia de lo que sean, pienses o propongan y promuevan.... Que a buen seguro tirará más del lado narcisista que del servicio al bien común...]

 

Por eso, entiendo bien, aunque no comparto del todo, el reciente enfado y la rabieta de Pérez-Reverte con los políticos, una especie de ciudadanos que antes admiraba: "Esa gentuza" (en http://xlsemanal.finanzas.com/web/firma.php?id_firma=9091&id_edicion=4307 ). Y entiendo igualmente bien lo que Carmen Posadas dice a propósito de la TV y los espectadores, la realidad y la verdad o no de la "imagen": "Lo único que espero es que la gente sea consciente de que lo que ve y oye es puro teatro porque, a mi modo de ver, lo más peligroso de todas las trolas que tenemos que digerir a diario es que llegue un momento en que no sepamos distinguir entre la verdad y la mentira." (en "Puro teatro", en http://xlsemanal.finanzas.com/web/firma.php?id_firma=9131&id_edicion=4307 ).

 

Finalmente, sigue lo publicado en Le Monde:

 

Le Monde: débat avec Bertrand Badie, professeur à Sciences Po, mardi 7 juillet, à 10 h .

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3214,50-1210908,0.html

 

David : N'assiste-t-on pas à une dérive partout dans le monde occidental (sauf en Amérique du Sud), à une confiscation de la démocratie par les élites intellectuelles pour le "bien" du peuple ?

 

Bertrand Badie : Je crois effectivement que l'Europe connaît une dérive grave sur ce plan, insuffisamment mise en évidence et débattue. Mais je ne crois pas que les élites "intellectuelles" y soient pour grand-chose, tant est faible leur rôle dans la transformation du jeu politique sur le Vieux Continent.

 

En réalité, l'Europe souffre sévèrement d'un triple déficit démocratique aujourd'hui. D'abord, en construisant l'Union européenne, nous n'avons pas été suffisamment attentifs aux conditions de sa démocratisation. A mesure que progresse l'intégration européenne, celle-ci tend normalement à déplacer les lieux de décision de la nation vers le nouvel ensemble régional. Or l'essentiel des techniques et des comportements démocratiques sont restés collés au niveau des nations, tandis que l'Union dans son ensemble reste fortement éloignée des peuples et des débats publics. Les navrantes élections européennes du mois dernier étaient là pour en témoigner.


 

Deuxièmement, l'Europe n'a pas su renouveler son offre politique. Elle s'est enkystée dans des choix anciens, pérennisés artificiellement par une classe politique qui a peur de se renouveler et de perdre ainsi ses privilèges. Les enquêtes d'opinion montrent du coup une faible adhésion des individus aux programmes partisans, un éloignement croissant de l'électorat par rapport à des partis tout entiers livrés à des jeux internes de pouvoir. La perte de crédibilité d'une social-démocratie peu imaginative, qui s'est en fait rendue au néolibéralisme sans critique ni imagination, s'observe partout en Europe, de la Scandinavie au monde méditerranéen.


 

Enfin, l'Europe a peu à peu perdu son originalité dans le concert de la mondialisation. Après avoir longtemps résisté, elle s'est alignée sur une sorte de néoconservatisme "soft", de "bushisme" mou, faisant du néolibéralisme une pensée unique. Le défaut de débat public est absolument catastrophique. Plus aucun Etat européen n'est vraiment confronté à l'heure des élections à de vrais choix gouvernementaux : l'opinion publique s'en lasse, risque de se détourner des urnes et de se réfugier dans un populisme qui constitue un vrai poison pour la démocratie. Voilà où nous en sommes.

(...)

Edward Bernays : La démocratie est-elle renforcée ou diminuée par la multiplication des médias, mais où finalement l'information est un marché partagé entre seulement une dizaine d'acteurs ?


 

Bertrand Badie : C'est pourquoi je préfère parler de communication plutôt que de médias. Les comportements démocratiques s'alimentent des échanges et des confrontations. Les médias ne sont qu'une toute petite partie de cette masse d'informations en circulation et que les grands intérêts auront de plus en plus de mal à contrôler. L'une des dimensions fondamentales du comportement civique est de savoir déjouer la propagande qui, j'en conviens, prend, surtout dans nos médias télévisés, une dimensión insupportable.

 

 

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